27.07.2007
Agitation ( agit à Sion ?)
Une mise en bouche israélienne pour commencer :
il y a quelques jours, par une nuit humide de Tel Aviv, je rentrais d'un bar où une nouvelle fois les jeunes femmes locales tenaient mieux l'alcool que moi. je me retrouve à la gare de bus pour rentrer chez moi : les flics sont partout, le quartier est bouclé et la police empêche quiconque d'approcher. je suis avec la faune locale (travailleurs thaïlandais, juifs religieux, russes, prostitués, étudiants) et nous attendons bien sagement que quelque chose se passe, ou pas. puis, d'un coup il y a quatre explosions qui se succèdent sur les coups de minuit. fausse alerte. ils ont fait sauter des sacs abandonnés mais les explosions sont assez fortes et ça fait bizarre d'être là.
et la vie reprend son cours, comme si de rien n'était. ambiance.
Quelques réflexions :
La région n’a pas connu une telle activité diplomatique depuis les années 90 : Tony Blair est venu pour endosser son nouveau costume, mal taillé, d'émissaire du Quartet ( qui regroupe les Etats Unis, l'ONU, la Russie et l'Union Européenne), Javier Solana – haut représentant de l’UE pour la Politique Étrangère et de Sécurité Commune- était là il y a une semaine, les ministres des affaires étrangères de la Jordanie et de l'Égypte sont venus hier présenter le plan de paix de la ligue arabe et Condy Rice arrive dans quelques jours. Il faut ajouter a tout cela le discours de Bush en faveur d’un conférence internationale a la rentrée et les rencontres entre Abbas et Olmert.
La presse israélienne bruisse de rumeurs et de scoops sur des plans de paix possibles, alternatifs, partiels, intérimaires, graduels,etc.
Il est certain que plusieurs éléments laissent penser que le processus de paix, mort depuis 2000, peut reprendre vie. D’abord, l’agenda politique des leaders concernés coïncide pour faire avancer les choses : Bush veut tenter d’obtenir un résultat (même maigre) sur le front israelo-palestinien pour faire oublier qu’il n’a rien fait en 6 ans et que, contrairement a ce que les neo-conservateurs promettaient, la chute de Bagdad n a en rien fait avancer le processus de paix. Blair est aussi ici pour faire en sorte que l’histoire oublie son suivisme sur l’Irak. Il a pour lui le charisme, le charme, et le vrai talent politique qui lui avait permis de régler la question de l'Irlande du Nord. Aura t il pour autant la marge de manoeuvre nécessaire et le courage pour faire avancer la situation ? Impossible a dire pour le moment.
Enfin, les leaders locaux, l'israélien Olmert et le Palestinien Abbas sont deux leaders faibles, qui savant que si ils n arrivent pas un résultat concret – a savoir un accord de paix, même intérimaire, permettant un cessez le feu et une avancée vers l'Etat palestinien, plus une belle photo sur une pelouse de la maison blanche, ils risquent d'être renversés chez eux.
Derrière toute cette agitation, les flashes, les communiqués, les grands discours et les scénarios sur lesquels tout le monde supputent ici, deux réalités semblent absentes et elles risquent de vite refaire surface :
- la Bande de Gaza n est pas sur la lune, mais a une heure de voiture de Tel-Aviv. Y vivent plus d un million de palestiniens et c est une entité politique dirigée par le Hamas, qui, quoi que l'on en pense, a gagné des élections démocratiques en janvier 2006 et continue de représenter un large secteur de la société palestinienne. Il va bien falloir établir une forme de contact avec eux. Blair le sait et Abbas fait semblant de ne pas savoir ou est Gaza.
- En Cisjordanie, pour les palestiniens, rien ne change : la construction du mur se poursuit ( j expliquerai plus tard pourquoi il est si populaire en Israël), mais surtout l occupation militaire ne faiblit pas : barrages, routes interdites, colonisation,etc. Depuis des années, il y a un consensus israélien pour accepter que l immense majorité de la Cisjordanie soit le future État palestinien. Pourtant, il ne se trouve aucun Premier Ministre Israélien, aucun ministre de la défense, de droite ou de gauche, pour changer la réalité du terrain. Car cela signifie une véritable épreuve de force avec les colons et une possible confrontation avec les militaires, qui semblent satisfaits du statut-quo. Olmert peut il et veut il faire changer la situation ? Difficile a dire.
A bientôt. Portez vous bien.
13:50 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


Commentaires
Enfin une mise en bouche intellectuelle depuis tout ce temps arrivé en Israël...Bien....
Ecrit par : boussois | 02.08.2007
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