08.09.2006

Bauhaus

Vendredi matin, j'ai suivi, sous un soleil de plomb et une humide chaleur, une visite guidée du Tel Aviv Bauhaus.

Qu'est ce que le Bauhaus ?
C'est le nom d'un style architectural, développé par l'école Bauhaus, en Allemagne, de 1919 à 1933. Le Bauhaus a pour objectifs de faire des bâtiments simples et avant tout pratiques. Les mots d'ordre sont : fonctionnalité; efficacité, simplicité.
Si bien qu'au premier coup d'oeil de nombreux bâtiments Bauhaus peuvent sembler un peu banales.

Pourquoi le Bauhaus à Tel Aviv ?

Tel Aviv se crée en 1909, comme une extension juive de la vieille ville arabe de Jaffa, au bord de la Méditerranée. Dans les années 20 et 30, la multiplications de violences entre juifs et arabes et l'arrivée de milliers d'immigrants juifs transforment Tel Aviv en une grande ville. De nombreux architectes juifs allemands émigrent en Palestine après 1933 ( prise de pouvoir des Nazis, qui ferment l'institut Bauhaus, considéré comme un élément central de '' l'art dégénéré'') et s'installent à Tel Aviv. Ils sont à l'origine de la construction de centaines d'immeubles de ce style dans la ville. Tel-Aviv a comme particularité d'avoir une immense concentration, 4000, d'immeubles Bauhaus dans le centre ville.
C'est pour cela qu'elle est classée au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco.

Pour en savoir plus, jetez un coup d'oeil au très beau livre : des maisons sur le sable, http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2841620778.

02.09.2006

Ramallah

J'ai consacré mon samedi à la découverte de Ramallah, la capitale politique, économique et culturelle de l'Autorité Palestinienne.

Ramallah me frappe par son dynamisme et sa vitalité : des embouteillages, des boutiques, des cafés, des hôtels, du monde de partout, des boutiques de luxe,etc.

Sur la place principale, avec au milieu quatre lions en marbre, je me rends dans mon premier starbuck café palestinien. Dans le même immeuble, je vais au cybercafé qui symbolise bien les contradictions de cette société : il y a une salle pour hommes et une pour femmes, à coté de moi, dans la salle pour hommes, les mecs surfent sur des sites porno.

Dans la rue il y a de grandes affiches pour la libération des prisonniers palestiniens détenus par Israël ( il y en a 10 000, du voleur de voiture au commanditaire d'attentat suicide). Les négociations en cours semblent s'orienter vers une libération de 1000 palestiniens en échange du soldat israélien enlevé à coté de Gaza. On comprend que le sujet soit d'importance ici.
Je me rends ensuite à la Muqata, le quartier général du Président Mahmous Abbas. C'est aussi là bas que se trouve la tombe de Yasser Arafat, sur laquelle je me recueille.
Ici aussi, l'atmosphère est étonnante, nous sommes à quelques mètres de la tombe du leader nationale palestinien et les soldats palestiniens acceptent de me prêter leur arme pour faire une photo !

Ramallah donne, malgré la présence toute proche du mur israélien et des colonies aux alentours, cette image vive et positive de la Palestine. Cela en dit long sur les perspectives possibles en cas de création d'un Etat palestinien indépendant.
Mais ça n'est pas encore pour demain ...

Bethlehem



J'ai passé mon vendredi à Betlehem, ville autonome palestinienne.

Je prends un bus palestinien qui m'amène jusqu'au barrage militaire, qui permet de traverser le mur.
De l'autre coté, je perds un peu de temps avec un chauffeur de taxi palestinien qui me demande pourquoi les femmes françaises n'aiment que la sodomie (sic!) et si je peux lui trouver une femme à épouser, étrange ce bonhomme ...

Je rejoins ensuite Suzan Sahouri, qui travaille pour les programmes de développement durable et de tourisme équitable dans la région de Bethlehem. Elle m'explique que la situation économique a empiré depuis quelques semaines : depuis la guerre au Liban, les touristes et groupes de pèlerins ( qui viennent visiter l'église de la nativité, lieu de naissance du Christ ), ont quasiment tous annule leur venue.
Elle me dit que les Palestiniens se sentent abandonnés par la communauté internationale, qu'ils sont jaloux de constater que des millions d'euros sont donnés au Liban pour la reconstruction et que les Palestiniens n'ont rien alors que leur situation empire.

Je visite ensuite la ville avec Marc, palestinien chrétien. En plus du centre ville historique, il m'emmène à l'université qui donne une image inattendue de la Palestine :des bâtiments modernes et bien équipés, des étudiants et des étudiantes habillés à l'occidental, une ambiance agréable et relaxante.
Il faut dire que Betlehem concentre deux spécificités qui en font une ville un peu à part en territoires palestiniens : une forte proportion de chrétiens ( d'où la mixité plus facile, les femmes aux épaules nues,etc) et une bourgeoisie locale qui a beaucoup d'argent et qui ne se prive pas de le montrer.